
Bordighera se trouve à quelques kilomètres de la frontière française, sur la Riviera di Ponente. Son marché hebdomadaire du jeudi matin attire des acheteurs locaux et des visiteurs venus de Menton, Vintimille ou Sanremo. Depuis janvier 2026, un décret régional (n° 45/2025) impose un quota de produits locaux sur les étals liguriens, fixé à minimum 70 % de produits d’origine locale. Ce cadre réglementaire redéfinit ce qu’on trouve sur les stands et la manière dont les producteurs organisent leur offre.
Quota régional de produits locaux : ce que change le décret ligurien de 2026
Avant cette réglementation, la part de produits importés variait selon les marchés de la côte. À Bordighera, la proportion de producteurs locaux était déjà plus élevée que la moyenne, mais le décret officialise une contrainte qui oblige chaque étal à documenter l’origine de sa marchandise.
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Pour les visiteurs, le changement se traduit par une traçabilité plus lisible. Les étiquettes mentionnent désormais la commune ou la vallée de production. Les olives Taggiasca, les agrumes de l’arrière-pays et le miel de montagne portent des indications géographiques vérifiables.
En explorant le marché de Bordighera en Ligurie, on constate que cette obligation pousse aussi certains revendeurs à nouer des partenariats directs avec des exploitations situées dans les vallées de la Nervia et de la Roya, plutôt que de s’approvisionner via des grossistes.
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Olives Taggiasca et sécheresse : comment les producteurs de Bordighera s’adaptent en 2026
La Ligurie subit des épisodes de sécheresse récurrents qui affectent directement les oliveraies en terrasses. Les oliviers Taggiasca, variété emblématique de l’arrière-pays bordighérien, sont résilients par nature, mais les rendements fluctuent d’une année à l’autre selon la pluviométrie printanière.
Plusieurs agriculteurs présents sur le marché du jeudi testent des approches pour limiter les pertes. Parmi les pistes observées sur le terrain :
- L’installation de systèmes de micro-irrigation goutte-à-goutte sur des parcelles en terrasses, là où l’arrosage gravitaire traditionnel ne suffit plus pendant les mois secs.
- La taille tardive des oliviers pour réduire l’évapotranspiration et concentrer la sève sur un nombre réduit de branches porteuses.
- Le recours à des couvertures végétales au pied des arbres (paillage de résidus de taille) pour maintenir l’humidité du sol plus longtemps.
Les retours terrain divergent sur l’efficacité de ces méthodes selon l’altitude et l’exposition des parcelles. Les oliveraies situées au-dessus de 300 mètres semblent mieux résister que celles en bordure côtière, plus exposées à l’ensoleillement direct.
La hausse des ventes d’olives Taggiasca atteint 25 % le jeudi matin, portée par une affluence croissante de visiteurs français. Cette demande soutenue incite les producteurs à maintenir leurs volumes malgré les aléas climatiques.
Miel d’arrière-pays et produits apicoles : la niche que Sanremo ne couvre pas
Le marché de Bordighera se distingue de celui de Sanremo par une offre plus large en produits apicoles artisanaux. Les ruches installées dans les vallées au-dessus de la ville bénéficient d’une flore diversifiée (thym, romarin, châtaignier) qui produit des miels aux profils aromatiques très différents d’un apiculteur à l’autre.
On trouve sur les étals du miel de lavande sauvage, du miel de châtaignier au goût prononcé, et parfois de la propolis ou de la cire d’abeille brute. Bordighera surpasse Sanremo en diversité de produits apicoles, selon les observations des habitués qui fréquentent les deux marchés.
Cette niche apicole s’explique par la géographie. L’arrière-pays bordighérien monte rapidement en altitude et offre des micro-terroirs que les zones plus urbanisées autour de Sanremo ne permettent pas. Les apiculteurs travaillent avec des ruches sédentaires, ce qui ancre la production dans un périmètre restreint.

Étals bio et zéro déchet : la tendance qui structure le marché depuis 2024
Depuis 2024, les stands bio et zéro déchet se multiplient sur le marché de Bordighera. Plusieurs producteurs ont adopté des emballages réutilisables (sacs en toile, cagettes consignées) et proposent la vente en vrac pour les fruits secs, les herbes aromatiques et les légumineuses.
Cette évolution reflète un mouvement régional plus large vers l’économie circulaire en Ligurie. Les marchés de plein air, historiquement générateurs de déchets plastiques, deviennent un terrain d’expérimentation pour des pratiques plus sobres.
Pour le visiteur, cela signifie qu’il vaut mieux venir avec son propre sac. Certains stands ne fournissent plus d’emballage jetable, et la transition est parfois abrupte pour les touristes habitués aux sachets plastifiés des supermarchés.
Bonnes adresses autour du marché de Bordighera : où prolonger la visite
Le marché se tient le long des rues proches du centre-ville, et la promenade Argentine commence à quelques pas. Après les achats du matin, plusieurs options permettent de rester dans l’ambiance ligure sans quitter Bordighera.
- La vieille ville haute (Bordighera Alta) offre des ruelles étroites et des points de vue sur la côte, accessibles à pied depuis le marché en une dizaine de minutes.
- Les jardins exotiques Pallanca rassemblent une collection de cactées et de plantes tropicales, un détour inattendu pour une ville de la Riviera.
- Les restaurants du front de mer servent des spécialités ligures (focaccia, pesto, poisson grillé) à des tarifs généralement plus modérés que ceux pratiqués à Sanremo.
Le jeudi matin reste le meilleur créneau pour combiner marché, déjeuner et promenade sur la même journée. L’affluence diminue vers midi, ce qui laisse le temps de flâner entre les étals restants avant de rejoindre la plage ou la vieille ville.
Bordighera ne cherche pas à rivaliser avec les grandes destinations touristiques de la Riviera. Son marché fonctionne comme un point d’ancrage pour comprendre ce que la Ligurie produit réellement, dans un cadre où la réglementation locale et les contraintes climatiques façonnent l’offre autant que la tradition.